Genèse de l’association
Conscients de l’intérêt de développer plus de mutualisation et de coopération afin de redonner du sens au travail et une vraie place à la société civile dans la vie démocratique, tous veulent concrétiser des projets et expérimenter de nouvelles manières de travailler.
Le groupe fondateur se forme en 1994. André Crisan, Ana Larrègle et Anna Téti-Caetano amorcent la création d’une association de loi 1901. Leur motivation se renforce par la rencontre d’acteurs locaux de l’économie sociale et solidaire, regroupés au sein de la MAAFORM (Maison des Associations, des Alternatives et de la FORMation) depuis 1992 à Pantin (Seine Saint Denis).
L’association L’AMI - Appui Mutuel pour un usage social de l’Information - voit le jour le 18 octobre 1994 et s’installe à la MAAFORM. Elle bénéficie du soutien financier de la FPH (Fondation Charles Leopold Meyer pour le Progrès de l’Homme).
Les premières actions de réflexion et d’étude de terrain vont démarrer très rapidement. Elles se basent sur une méthode de travail largement partagée par les initiateurs du projet et orientée principalement sur « la capitalisation et l’élaboration de banques d’expériences » et sur le développement d’outils méthodologiques et informatiques (Navi : logiciel de gestion de base de données, développement web...).
Un séjour « initiatique » est programmé pour le Brésil, à Rio et Florianopolis notamment. Accompagnés entre autres par les associations « Sapé » (Service d’Appui à la Recherche en Education) et « Dialogo, Culture e comunicação », L’AMI va à la rencontre de structures locales travaillant dans les domaines de l’éducation populaire et de la démocratisation de la communication. Les échanges mettent en valeur une richesse d’expériences, de pratiques et de savoir-faire qui vont constituer des postulats et des assises intéressantes pour les futurs projets.
Premiers chantiers
Pendant ses trois premières années d’existence, L’AMI entame plusieurs chantiers de fond :
Partenaire du réseau d’échange d’expériences DPH (Dialogue pour le Progrès de l’Humanité) et de la FPH depuis sa création, L’AMI participe, en terme d’appui technique et méthodologique mais aussi de formation et d’animation, à la construction d’une banque d’expériences valorisant les savoirs de praticiens dans le domaine du développement local (alphabétisation, micro-crédit...). Cette action sera menée jusqu’en 2002.
Elle développe avec l’Université de Paris I - Panthéon Sorbonne et l’appui de la FPH, l’animation d’un atelier universitaire de capitalisation et d’échanges d’expériences pour le DESS « Pratiques sociales et professionnelles du développement » de l’IEDES (Institut d’Etudes du Développement Economique et Social). Ce partenariat (1995 - 2001) apportera beaucoup à la construction du « métier » de L’AMI en terme de méthodologie, de pédagogie et de développement de liens avec les étudiants.
Les premiers contrats d’insertion sont signés dès 1995 car L’AMI souhaite être un espace de formation par le travail dans le domaine des TIC. Elle oriente ses réflexions vers les questions de l’emploi au niveau local en Seine Saint-Denis. Celles-ci s’appuient sur le constat d’un malaise face à l’opacité de l’information notamment en période de fort chômage. L’objectif est donc de développer une proposition d’information pour l’emploi à destination de la population du 93 et des médiateurs de l’emploi, à partir d’une démarche citoyenne et de nouveaux outils. Pour ce faire, une recherche-étude permanente va permettre de comprendre, dialoguer, écouter et partager le quotidien des personnes au chômage et celui des professionnels de l’emploi dans le département.
De 1996 à 1998, le cadre de travail trouve un ancrage local. La compréhension des problématiques de l’emploi, de manière générale en France et dans le 93 en particulier, est affinée. Elle fait désormais partie de l’identité de l’association tout comme son positionnement citoyen. Elle donne lieu à la production d’une étude intitulée « En attendant le travail - Témoignages de chômeurs et de médiateurs du 93 » qui sera la pièce maîtresse et le fondement de la conception d’un programme de « développement de l’information pour l’emploi » de 1998 à 2003. L’AMI initie alors un projet de 5 ans dans le cadre du plan national « Nouveaux Services Emploi - Jeunes » (NSEJ) pour le renforcement humain des activités de l’association en terme de développement de l’information dans le 93.
Cette période se caractérise une nouvelle fois par un foisonnement d’actions et de micro-projets en collaboration avec des acteurs divers et variés, au niveau local et international.
D’étroites relations sont nouées avec des associations implantées à l’étranger (Bénin, Brésil, Sri Lanka, Cameroun, Argentine) dans le cadre d’un appui à la réalisation de projets et à la capitalisation d’expériences. L’association accompagne une multitude de projets individuels et collectifs par le repérage d’initiatives et la mobilisation de réseaux : le réseau Banque d’Appui Mutuel (BAM) pour les formations en alphabétisation au Brésil, l’INASIA, l’ASSOAL au Cameroun et le Laboratoire du Futur (EDF). D’excellentes relations s’installent avec « Habitat et Participation » en Belgique et se nourrissent d’occasions de coopérations et de visites réciproques.
Elargir le champ d’action
1999 est marquée par la participation active de L’AMI au « Débat Public UE-ACP » (Coopérations entre l’Union Européenne et les pays d’Afrique, Caraïbes et Pacifique) qui permet de tester l’intégration de ses outils de travail propres ainsi que la démarche qui leur donne sens. Au sein de l’équipe d’animation du débat, L’AMI se charge de la coordination technique et méthodologique de la capitalisation d’expériences, participe à l’évaluation collective et à la veille d’information sur le forum et gère la banque d’expériences mise à disposition sur internet. Le défi est relevé : L’AMI prouve son savoir-faire, sa capacité de mobilisation et l’efficacité de ses outils. Cette action tissera des liens avec des associations comme le GRAD à Bonneville, qui apportera à L’AMI son expérience méthodologique et ses réflexions sur la critique de l’aide au développement.
De 1999 à 2003, le programme de développement de l’information pour l’emploi permet d’appliquer au niveau du département - de manière progressive et de plus en plus intégrée - les concepts fixés par l’association et ébauchés les années précédentes.
2001 et 2002 en seront la clé de voûte. Tout d’abord par la réalisation d’un dossier représentant les principales expériences et productions du programme sous forme de fiches : une enquête réalisée auprès de structures locales d’aide à l’emploi et de 60 demandeurs d’emploi, un recueil de témoignages, un outil méthodologique d’accompagnement des personnes en CES et un diagnostic du système d’information local. Ensuite par la réalisation du premier « Guide Emploi Formation dans le 93 » édité en septembre 2001, dédié à
l’orientation des publics en difficulté face à l’emploi et aux divers médiateurs dans leur action de proximité. Enfin, par l’animation d’ateliers intitulés « Itinéraires pour l’emploi » en partenariat avec la Maison des Parents de Pantin dont les apprentissages serviront de base à l’élaboration d’une fable-outil pédagogique : « Le Voyage d’Hugo l’Escargot ».
Pendant ces mêmes années, la relation de L’AMI avec l’association Point Tiers permet une compréhension approfondie des clés de la vie associative dans son ancrage local et des liens avec les dispositifs municipaux et la « politique de la ville ». Le Point Tiers décidant de clore ses activités, il désigne L’AMI comme dépositaire de son capital moral et de ses méthodologies. C’est le début d’un engagement qui se construit progressivement, pour l’appui au développement de la vie associative locale.
L’ouverture historique de l’association à l’international amène naturellement L’AMI à s’engager en 2002 pour l’Argentine, pays confronté alors à une profonde crise économique et politique et à une grande paupérisation. Il s’agit de re-mobiliser les acteurs locaux de la ville de San Rafael, de revendiquer l’initiative, de valoriser et mutualiser les ressources locales et par là même, de pouvoir aborder de manière intégrée toutes les étapes d’un projet de développement local dans un contexte très différent. Deux représentants de L’AMI se rendent sur place pour une année entière (2003) pour amorcer des actions et appuyer les partenaires dans le cadre d’un projet intitulé « Trabajar Juntos ». Les partenaires sont nombreux : l’association UNES, l’Ecole Normale, l’Université Technologique, L’Union Vecinal Parque Mariano Moreno, l’Ecole Technique Catalan, la radio LV4 et l’association APYME.
L’AMI prolonge ses actions internationales d’échanges en 2003 par la mise en place d’un forum intitulé « Aqui y alla » articulé autour d’un groupe de discussion sur internet. Celui-ci réunit latino-américains d’Amérique du Sud et d’Europe et français intéressés par l’avenir du continent. Il s’agit alors de partager des informations, de discuter de différents projets et de débattre sur les sujets choisis par les participants.
2003 est placée sous le signe de l’Insertion par l’Activité Economique (IAE) et de l’Economie Sociale et Solidaire qui sont au cœur des préoccupations de l’association pour la promotion d’autres formes d’économies. L’AMI fait mûrir le projet Insereco93 - étalé sur deux ans - qui permet d’appliquer la notion de mutualisation et de réseau aux structures d’insertion par l’économique de la Seine Saint-Denis. Les institutionnels prennent part au projet : DDTEFP 93, DRTEFP Ile-de-France et Conseil Général du 93. Le site internet www.insereco93.com - à la fois outil de communication et moyen d’échange interne au réseau des SIAE du 93 - fait sa place sur la toile et suscite déjà l’intérêt.
Dans le cadre de la Convention Territoriale, l’association soutient et participe à la promotion et à la communication des actions du Pôle d’Economie Sociale et Solidaire de Pantin (Collectif 2EP) en réalisant deux outils de communication : un site internet de présentation des acteurs et des actions à Pantin - www.ecosolidaire.fr.st - et un cahier de vulgarisation de l’économie sociale et solidaire intitulé « Ajoutez de la solidarité dans votre quotidien », distribué pour 1 euro symbolique au Forum de l’Emploi de Pantin d’octobre 2004.
L’AMI est également agréée en tant que « tiers de confiance » par l’URSSAF pour le dispositif « Impact Emploi Association », qui facilite l’ensemble des formalités liées à l’emploi des associations de moins de 10 salariés.
Consolider nos projets
En 2004, L’AMI dispose d’un savoir-faire et d’une connaissance des SIAE reconnus par les acteurs locaux et les institutionnels.
Avec la DDTEFP de Paris, L’AMI entame la réalisation d’un site internet consacré à la promotion des chantiers d’insertion de la capitale et à l’information des nouveaux porteurs de projet. Des pistes d’actions sont également en négociation pour le département du Val d’Oise (95) avec l’association VOIE pour un projet similaire.
Les problématiques d’information pour l’emploi dans le 93 restent toujours d’actualité. Une nouvelle édition du « Guide Emploi Formation » rebaptisée « Guide Emploi, Insertion, Formation dans le 93 ». Elle donne lieu à de nouveaux entretiens, à une actualisation des informations et à une partie consacrée à la vulgarisation des données économiques du département.
Un projet d’animation pour l’usage de l’information intitulé « Suivez le guide ! » se construit petit à petit pour débuter en décembre. Il a pour but de tester l’outil auprès des médiateurs et du public en allant à leur rencontre par l’intermédiaire d’ateliers pratiques d’orientation et d’accompagnement à l’emploi.
Il est accompagné en 2005 d’une « expo-photo » nomade réalisée à partir de photographies prises en Seine Saint-Denis par un jeune professionnel (Arnaud Luce).
L’AMI aujourd’hui
En 2009, L’AMI collabore avec une dizaine d’acteurs de l’économie sociale et solidaire en Ile-de-France.
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